Catégorie : De tout un peu

  • Quelques notions de la pensée chinoise

    Je vous propose pour changer un peu un voyage au travers de concepts chinois et plus particulièrement de concepts taoïstes. Plutôt que de faire une histoire de la pensée chinoise ou de seulement expliquer ces concepts (les chinois considèrent que le langage ne permet pas d’arriver à la connaissance), nous ferons de liens avec d’autres concepts, en particulier ceux que nous connaissons dans notre culture, nous ferons des expériences de pensée et nous utiliserons également la langue pour aider à penser de nouvelles approches des concepts chinois pour enrichir notre compréhension. 00:00 Introduction01:06 Des sagesses multiples dans le monde07:06 Le Dao et la langue chinoise 19:06 De la science moderne au Qi57:11 Le Wu Weï : Confucius contre Lao Zi1:04:52 Le Wu Ji : Confucius avec Lao Zi1:07:46 Conclusion

  • Audouin Dollfus s’est envolé pour la dernière fois

    La capsule tirée par des Ballons pour le vol de Audouin Dollfus en 1959J’ai perdu un ami.Audouin DollfusAudouin Dollfus, un des plus grands astronomes du XXème siècle nous a quitté le 1er octobre 2010. Il était le découvreur du satellite Janus, une des Lunes de Saturne. Il était également le premier homme à avoir été dans la stratosphère, le 22 avril 1959, dans une capsule tirée par des ballons ! Deux ans avant que Youri Gagarine réalise une révolution complète autour de la Terre. A 14000 mètres, l’altitude atteinte par Audouin Dollfus lors de son vol historique, il a pu observer pour la première fois ce qui transforme un homme à tout jamais : la courbure de la Terre. A cette distance de la Terre, il est possible de voir à quel point notre planète est finie, à quel point nos querelles humaines sont petites et vaines. Toutes les personnes que j’ai eu la chance de voir témoigner de cette expérience ont indiqué à quel point cette vision a transformée leur vie. Audouin Dollfus m’a énormément apporté tant au niveau scientifique que humain. J’ai un souvenir ému des « mardi de Meudon » où dans son laboratoire, il rassemblait des scientifiques de domaines différents pour débattre des grandes questions scientifiques de façon multidisciplinaire autour d’une tasse de thé… J’ai eu la chance également de découvrir toutes ses qualités humaines au cours de nos échanges au sein de l’Association pour la Création et la Diffusion Scientifique, initiée par André Cailleux un de ses grands amis. Il était président d’honneur de cette association que j’ai l’honneur encore aujourd’hui de présider. Cette expérience m’a appris beaucoup à la fois sur la démarche et la curiosité scientifique ainsi que sur l’humilité qui font les grands hommes.

  • La Calligraphie chinoise

    La calligraphie est considérée comme un art sacré qui rassemble la philosophie, la poésie, la musique. S’appuyant sur le taoïsme, elle permet de révéler ce qui était déjà existant mais invisible sur la feuille de papier vide. Le caractère calligraphié dispose d’une vie propre et ses traits montrent l’énergie mise par l’artiste. La calligraphie est un processus de perfectionnement moral et culturel de soi-même. C’est le processus même d’être serein.Le samedi 15 octobre 2005, la médiathèque de Vert le Grand dans l’Essonne a organisé une conférence sur la calligraphie et une initiation avec maître Shi Bo, écrivain, poète et calligraphe. Il fut directeur d’une université de Pékin et vice-président de l’Académie nationale de calligraphie avant son départ de Chine en 1990.

    Les caractères chinois

    Maître Shi BoIl existe plus de 50000 caractères chinois. 3000 à 5000 d’entre eux sont les plus fréquemment utilisés (ce qui correspond au nombre de mots les plus employés en français ou dans une autre langue). Ainsi, quelqu’un qui restera 1 an à Pékin acquièrera facilement un vocabulaire oral de 2000 à 3000 mots, mais il faut connaître environ 5000 caractères pour passer le bac. Shi Bo pour sa part connaît environ 30000 caractères, mais cela nécessite de tout le temps lire certains caractères peu utilisés et presque morts.Un idéogramme chinois représente un mot complet. Il est constitué uniquement de 8 types de traits. Se comprendre avec un locuteur chinois n’est pas toujours aisé, les prononciations variant d’un lieu à l’autre. Quant à l’écriture il en existe deux :

    • Les caractères classiques utilisés sur l’île de Taiwan et par beaucoup des chinois installés à l’étranger
    • Les caractères simplifiés qui sont apparus en Chine continentale à partir de 1956.Le gouvernement central a publié 3 listes de caractères simplifiés, soit au total environ 3500 mots.

    Les calligraphes n’aiment pas les caractères simplifiés car ils perdent l’image du mot représenté.

    L’idéogramme du cheval [Ma] Classique : 馬 / Simplifié : 马

    La calligraphie

    La calligraphie et l’écriture sont différentes. Beaucoup de gens savent écrire alors que la calligraphie est considérée comme un art sacré que très peu de chinois savent maîtriser. La calligraphie est même considérée comme l’aboutissement le plus sophistiqué de l’art chinois car elle contient la philosophie, la musique (une musique muette avec un rythme), la poésie, etc.Le calligraphe dispose de 4 outils. On parle des 4 trésors dans le cabinet de lettrés :

    • Le pinceau : il peut être en poil de loup ou de fouine, de lièvre ou de lapin et subit un traitement spécial. Les plus chers sont constitués avec les cheveux des nouveau-nés coupés lors de la cérémonie du 100ème jour. Le calligraphe choisit un atelier de fabrication de pinceau pour ses spécificités. Ainsi maître Shi Bo s’approvisionne toujours à l’atelier dépendant de la cité interdite à Pékin.
    • La pierre à encre : elle permet de conserver l’encre longtemps.
    • Le bâton à encre : il permet de fabriquer l’encre dans la pierre. Après avoir mis un peu d’eau, le calligraphe tourne 500 fois le bâton dans la pierre en le suivant des yeux. Une fois cela réalisé, il dispose de son encre mais également de la concentration mentale nécessaire pour son art. Chaque calligraphe a son secret d’encre et va lui-même rechercher ses pigments ou minéraux dans la nature pour constituer ses bâtons à encre de diverses couleurs.
    • Le papier de riz : il s’agit de pâte de paille de riz, de roseau ou de bambou. Le calligraphe utilise également du papier classique moins cher. A Paris on en trouve aux éditions You-Feng (45 rue Monsieur le Prince, 75006 Paris, Tel : 01 43 25 89 98) ou encore à la librairie Phénix (72 Bd Sébastopol 75003 Paris, Tel : 01 42 72 70 31)

    La calligraphie est enseignée à raison de trois heures par semaine dans les écoles. Après les cours, certains vont également dans des écoles spécialisées. Elle est également utilisée en thérapie contre la migraine, le stress, les troubles digestifs… La calligraphothérapie est prisée chez les personnes à partir de 45 ans (particulièrement les femmes) qui sont déjà pour beaucoup à la retraite à cet âge en Chine. Une à deux heures de pratique quotidienne les aident à réguler la circulation de l’énergie (le Qi).On retrouve l’art de la calligraphie dans les autres pays dont les caractères sont issus du chinois (Japon, Corée, Vietnam). Il existe également une calligraphie arabe avec le calame fabriqué à partir de tiges de roseaux. L’enluminure occidentale est aussi une forme de calligraphie.Si vous n’avez pas au moins vingt ans d’expérience, vous avez peu d’espoir d’être nommé calligraphe. Il existe une Académie Nationale de Peintres Calligraphes et des Académies provinciales et de district. Au niveau national, un jury composé de 21 personnalités choisit les nouveaux membres.

    Le fond philosophique

    La calligraphie est comme un cristal qui inclut les autres arts. Il permet de revenir à la source.Il existe trois grandes composantes de la pensée chinoise (on parle des 3 perles sur la couronne ou des 3 piliers) :

    • Le confucianisme, qui est une théorie pour les dirigeants sur la fonction de l’état
    • Le taoïsme, basé sur le Yin et le Yang. Lao Tseu s’est inspiré du Yi-King (le livre des transformations).
    • Le bouddhisme, qui fut importé officiellement au IIIème siècle depuis l’Inde.

    La calligraphie comme de nombreux autres domaines chinois (par exemple la médecine) s’appuie sur le taoïsme et sur la notion du Yin et du Yang.

    « Le Tao engendre le Un. Le Un engendre le Deux. Le Deux engendre le Trois. Le Trois produit les Dix-mille-êtres (la totalité des êtres). Les Dix-mille-êtres s’adossent au Yin et embrassent le Yang et l’Harmonie naît au Qi (l’énergie) du Vide médian » Tao Te King
    • L’encre noire est Yin et représente la terre
    • Le papier de riz est yang et représente le ciel

    Entre le Yin et le Yang – entre le ciel et la terre – se trouve le pinceau, le pont qui communique.Au départ se trouve le vide (le « Kong » en confucianisme ou le « Wu » en taoïsme). Le papier blanc est un univers vide. Dans la conception taoïste, le plus vide est toujours le plus plein. Le vide est plein de « possibles » non encore réalisés. C’est la notion du visible et de l’invisible.Le calligraphe est donc là pour faire ressortir avec son pinceau ce qui existait déjà mais qui était invisible. La calligraphie est ainsi une technique pour faire apparaître l’harmonie du Yin et du Yang plutôt qu’une technique du pinceau. Il faut être serein pour faire apparaître le Yin et le Yang équilibrés.

    Le caractère calligraphié

    Plein de perspective, avenir radieu

    On regarde le caractère calligraphié comme une vie.

    • Il dispose d’un corps : la partie gauche est Yang, la droite est Yin, le haut représente le ciel et le bas la terre. La calligraphie doit être équilibrée et ne pas aller trop près du bord. Ainsi, par exemple, on dit aux enfants : « n’allez pas jusqu’au ciel, laissez l’énergie circuler »
    • Il dispose d’un cœur, représenté par la ligne centrale qui sépare la calligraphie en deux. Ce cœur « bat et parle »
    • L’énergie de l’auteur est transmise à la calligraphie dans les traits. Lorsqu’on n’est pas poète, on n’a pas le bon rythme et on ne peut pas faire de bonnes calligraphies.

    Dans une calligraphie terminée réalisée par un maître, on trouve des tampons rouges qui servent à équilibrer certains vides. Ils peuvent représenter le nom de l’auteur ou un mot en harmonie avec la calligraphie.

    Les poèmes comme les calligraphies utilisent beaucoup d’images. Ainsi, on retrouve souvent le mot « printemps » (春 chūn) lorsque l’on parle de l’amour, le mot « solitaire » pour indiquer la mélancolie (凄 qī) ou encore « vent et pluie » pour parler des maisons closes qui en Chine sont bien plus considérées qu’en occident (les femmes y font de la poésie et de la musique comme les Geishas au Japon).

    On juge une calligraphie sur sa musique, son sens poétique et son harmonie du Yin et du Yang (pour un texte par exemple, il faut que rien ne « frappe aux yeux »).

    Le Caoshu (herbe folle)

    Progressivement, la calligraphie est devenue une forme de décoration pour les mandarins, perdant une part de son caractère sacré et de sa fonction utilitaire. Les intellectuels chinois, rejetant ce système, s’éloignèrent du monde et devinrent moines taoïstes.Ils quittèrent toutes les règles pour former leur propre style. Uniquement guidés par leur plaisir, ils firent des calligraphies avec des traits dans tous les sens pour atteindre le summum de l’harmonie du Yin et du Yang. Cette forme appelée caoshu (l’herbe folle) est plus cursive et plus dure à réaliser que les autres formes (kaishu et xingshu).Chaque caractère dispose de son sens propre et de son sens poétique.

    Réaliser une calligraphie

    Au début, l’artiste cherche à imiter le travail des calligraphes célèbres. Contrairement au coté péjoratif donné en occident, la copie est très valorisée en Chine. Une fois qu’il a imité deux ou trois grands calligraphes, il souhaite avoir son propre style. Shi Bo a ainsi créé le style connu sous le nom de « bambou gracieux ». Il n’y a pas de gaucher chez les calligraphes. Tout se fait avec la main droite car les caractères ont été créés pour être dessinés de la main droite.Pour effectuer une calligraphie il faut oublier son corps (sinon la main tremble). Pour obtenir un état de sérénité, on utilise la respiration taoïste et le voyage mental.Les grands maîtres taoïstes distinguent quatre types de respiration :

    1. Notre respiration quotidienne. Elle est considérée comme très rudimentaire.
    2. La respiration abdominale : les poumons ne bougent plus. La respiration se fait au niveau du « Dan Tian », un point particulièrement important situé trois doigts au-dessous du nombril.
    3. La respiration sexuelle qui s’effectue grâce aux mouvements de l’organe du sexe
    4. La respiration embryonnaire qui consiste à ralentir la respiration pour rendre l’être aussi indépendant du milieu que l’est en principe l’embryon pour connaître le Tout.

    Le voyage mental se fait devant un tableau (dans l’explication suivante, on prend l’exemple d’une montagne) ou un simple mur blanc :

    • On commence par une respiration abdominale
    • On cherche ensuite à entendre les oiseaux ou une chute d’eau
    • On cherche à sentir l’odeur des fleurs sauvages
    • On cherche à sentir le vent sur sa peau

    Maître Shi Bo et Thierry Sobrecases

    Le voyage mental est une méditation très profonde où on n’oublie pas son corps (contrairement au dédoublement). Il permet de devenir la plus petite particule fusion du Yin et du Yang pour faire un avec l’univers.


    Références

    Quelques films parlant de la calligraphie :

    Quelques livres de maître Shi Bo sur la calligraphie

    Collection « encres de chine » :

    • La calligraphie chinoise – manuel élémentaire 书法入门
    • Mon premier cours chinois 汉语入门
    • Mes premiers proverbes chinois 中国成语入门

    Pour contacter maître Shi Bo :

    30 rue de la Sablière 75014 Paris FranceTél : 01 45 42 52 77 – E-mail : mrshibo @ hotmail.com

    Merci à Maître Shi Bo, Thierry Sobrecases et Emmanuel Josse pour leur relecture attentive.

  • Rencontre avec Jean-Michel Guitaud

    Jean-Michel Guitaud est arrivé au Chinois à travers son intérêt pour Jacques . Il a depuis énormément travaillé sur la culture chinoise et traduits divers ouvrages.

    J’ai replacé à plusieurs endroits des liens par rapports à certains de mes travaux pour tenter de voir les « connexions » par rapport à mes propres centres d’intérêts.

    Le chinois, une Approche Constructiviste du monde

    La langue hébraïque n’écrit que les consonnes et chacun peut y mettre les voyelles qu’il veut pouvant donner plusieurs sens. Ainsi « Dieu est content ». De même, dans la langue chinoise, chaque caratère idéogramique inclus un lapsus (alors qu’en occident le lapsus se dit mais ne s’écrit pas). Tous les mots sont monosyllabiques. Ainsi, il y a par exemple beaucoup de caractères pour « Yi ». Chaque signe garde en « mémoire » qu’il est le produit d’une erreur. En fait, on peut voir tous les caractères comme autant de noms propres. On retrouve aujourd’hui cela dans la fabrication de nouveaux caractères par les personnes pour écrire leur nom propre (ce qui pose des difficultés pour les jeux de caractères informatisés…). Chaque nouveau caractère est une nouvelle façon de voir, un nouveau réel. Mais malheureusement aujourd’hui, on ne crée plus de nouveaux caractères chinois sauf pour les noms propres…

    1. Si « on peut voir tous les caractères comme autant de noms propres », c’est parce que le lapsus (ou ses variantes : « l’acte manqué », etc.) est la marque d’une identité particulière : c’est quelque Un (quelqu’un). Jusqu’au XXe siècle, les documents (journaux, pages volantes, etc.) découverts par des paysans fussent-ils illettrés étaient respectueusement enterrés … Quand on parle de « culte des ancêtres » ou de « piété filaile » à propos de la Chine, il ne faut jamais oublier cette dimension. –Jean-Michel Guitaud 2. Justement, à propos du Un : comment ça se dit et s’écrit en Chine, ce Un ? Ça se prononce yi et ça s’écrit d’un seul trait horizontal : ─. C’est cette dimension du trait qui importe, puisque dans l’écriture chinoise c’est lui qui relie le radical et l’élément phonétique dans un caractère, qui sont précisément incompatibles sur le plan de notre imaginaire collectif sauf à recourir à des figurations mythologiques ou légendaires. On voit donc que ce yi n’est pas tout à fait la même chose que notre un occidental. Et on comprend mieux la relative minceur de la tradition mythologique dans les écrits chinois. –Jean-Michel Guitaud3. Il y a un autre yi, qui ne s’écrit pas du tout de la même façon, qui veut dire à la fois « signification » et « justice », d’où il faut conclure qu’il ne s’agit en Chine ni de notre « signification » ni de notre « justice ». Une fois pour toutes, la signification porte sur un sujet, non sur un objet. –Jean-Michel Guitaud

    Un mot comprend en général un radical (Yang) et un caractère pour la phonétique (Yin, la sonorité, le coté caché). Il existe également un troisième élément : la forme (la caligraphie). Le texte est fait pour être lu et joue avec les coïncidences…

    Immédiateté et abondance de significations pour « sortir du discours » et créer de nouvelles approches

    • On peut décrire l’occident comme le royaume du désir et du sens. On se positionne avant (le désir) et dans le sens (la direction, le sens de l’ensemble du discours)
    • A l’inverse, la Chine est le royaume de la jouissance (maintenant) et de la signification (immédiateté et significations des briques élémentaires). Par exemple les rouleaux chinois sont horizontaux, ils ne sont pas fait pour être déroulés entièrement mais pour faire apparaitre une partie du texte ou du dessin à un moment donné.

    On peut voir dans l’approche occidentale basée sur le sens, une orientation vers la rareté (un seul réel, recherche d’un seul sens non ambigu) alors que l’approche chinoise est basée sur les lapsus et les multiples significations qui construisent une abondance de possibles (voir l’opposition rareté/abondance dans mes livres « « , en particulier l’introduction du Tome 2 Le mot Tao d’ailleurs ne veut pas dire discours comme il est trop souvent traduit, mais parole (dans le même sens que le « souffle » – le Qi – ou le verbe des hébreux). On retrouve ce lapsus en français entre « la voie » et « la voix »

    • L’objet du discours est rare (les différentes étapes pour constituer un chemin unique : une voie que l’on suit)
    • L’objet de la voix est abondant (chaque nouveau son, chaque nouvelle combinaison crée une nouvelle voie)

    On retrouve également cette confusion dans le logos des chrétiens, le verbe qui est compris comme le « discours » plutôt que comme « la parole ».

    4. Le mot Dao n’est jamais traduit par « discours » ( ? ) mais par « Voie ». Par exemple l’ouvrage de Laozi (Lao-tseu) le Daode jing (Tao-tö king), est régulièrement rendu par Le Livre de la Voie et de la Vertu. Or daode a le sens commun de « morale, éthique » , et je ne vois pas pourquoi l’expression n’aurait pas ce sens chez Laozi. L’intéressant c’est que littéralement daode veut dire « puissance [de] » (au sens de potentialité) de la « parole [dao] ». Attention, la parole et la voix ce n’est pas tout à fait pareil, quand même ! –Jean-Michel Guitaud

    Atteindre d’autres « possibles » pour voir l’invisible

    Lacan parle de « signifiant maître » pour un mot qui a un sens et un seul. Le roi ou l’empereur est la vérité absolue en chine, le « signifiant maître ». A l’inverse, les confucéens sont des poêtes ou mieux des fous du roi « ce que je vous dit peut aussi dire cela… ». L’objectif des lettrés confucéens est d’ouvrir de nouveaux possibles pour ne pas rester dans une « voie » unique. Ils représentent le coté féminin par rapport au souverain. Les lettrés ne pouvaient pas parler de la politique, ils ont donc inventé la linguistique…

    5. Le lettré confucéen ne dit pas au souverain « ce que je vous dis peut aussi dire cela », mais « ce que vous dites peut aussi dire cela », encore que ce n’est pas exactement ainsi qu’il s’exprimerait. Il s’agit de révéler au souverain qu’il en dit, qu’il en sait bien plus que ce qu’il croit dire et savoir — comme tout un chacun d’ailleurs. C’est par là que le lettré manifeste son respect — et pas seulement envers le souverain, soit dit en passant. –Jean-Michel Guitaud

    Si on « voit » (jeu de mot 😉 le Tao comme la « voie », on reste « au fond de la vallée. En le voyant comme la « voix » il est alors possible de franchir les montagnes et d’atteindre les autres vallées. On trouve ici les multiples possibles (les différentes vallées) et la façon de les atteindre plutôt que de rester prisionnier au fond d’une des vallées. On découvre des passes au travers de la montagne pour atteindre les autres vallées (Goan ?). (on retrouve de même « l’effet tunnel » en physique où on peut passer d’un équilibre à l’autre sans « passage » entre les deux).

    6. Le processus de socialisation n’implique pas nécessairemnt de « choisir un des possibles », et la Chine classique en est la meilleure illustration. Le confucianisme a été au début de l’empire proprement dit l’adversaire résolu du légisme, tentation première et récurrente des apprentis autocrates, et ce justement parce que la loi est univoque et de ce fait génératrice de désordre au nom de l’ordre. En effet, la perversion inhérente à la loi réside en ceci qu’elle incite à sa propre transgression, laquelle éloigne de soi (voir le point 3), en aliénant et désorientant le désir. Naturellement la socialisation chinoise suppose une écriture non univoque, et une communauté lettrée : les illettrés avaient affaire au Ministère non pas de la Justice mais des Châtiments, ce qui n’est pas pareil ! Mais il existait surtout un Ministère des Rites … –Jean-Michel Guitaud7. Une suggestion : le rite (par opposition à la loi) comme gestuelle des « lapsus » pour combattre l’oubli et le refoulement… Après tout la calligraphie est un rite ! –Jean-Michel Guitaud

    Les peintures des lettrés confucéens est intéressante de ce point de vue. Elle présentent par exemple une montagne sous tous ses aspects, y compris la face cachée. (On retrouve la même recherche dans la période de Picasso ou il cherchait à peindre un visage de face et de profil en même temps) De même dans le Zen, les Koans (poèmes courts ayant un aspect absurde) permet « l’interruption du discours ». La parole alors reprend de l’importance et l’invisible (le Yin) devient visible. Le Zen ne s’est pas imposé en Inde où il est né mais est arrivé au Tibet et en Chine où il a pû se développer. On retrouve également cette notion de « passe » chez Lacan. Ceux qui ont été au bout d’une analyse lacaniène « sortent du cadre ». Ensuite ils ne peuvent plus s’en passer et deviennent … analystes pour continuer cette expérience. C’est aussi cette « sortie du cadre » que l’on retrouve dans certains rites sorciers. Tant que l’on, n’est pas sorti du cadre, les autres réels sont invisibles comme dans la caverne de Platon. Mais pour les Confucéens, la caverne est la bouche, on n’y habite pas (contrairement aux Dieux taoistes qui habitent dans des grottes).

    Puis revenir au réel

    Mais l’expériences chez les confucéens doit créer du lien social, contrairement aux ermites taoistes qui se contentent de sortir du cadre mais s’isolent de la société et de ce point de vue ne vont pas jusqu’au bout du processus de création. Celle-ci necessite non seulement de « sortir du cadre » pour découyvrir d’autres vallées mais aussi d’appliquer le tout ensuite à la société pour ne pas rester que dans le virtuel. Mais cette deuxième étape nécessite de choisir un des possibles. C’est toute la tragédie grecque qui est basée sur le fait qu’une fois que l’on a choisi on perd les autres possibilités.(on retrouve ces deux étapes « ouvrir les possibles » puis « re-rentrer dans la réalité » qui seront décrits dans mon prochain livre « demain(s) »)


    Quelques différences d’approches entre la Chine et l’occident

    C’est peut être du fait de cette approche par la signification plutôt que par le sens que la Chine a inventé la technologie mais pas la science. Il ne s’agit pas de construire un discours unique pour « découvrir le réel » mais au contraire d’ouvrir une multiplicité de possibles. Pourtant la science a découvert récemment qu’il pouvait avoir plusieurs réels possibles : Goëdel a pu le démontrer en montrant que tout théorème peut être vu comme un un nombre constitué d’une suite de chiffres, un peu comme si chaquie théorè-me avait son nom propore. Un idéogramme est exactement la même chose : une suite de signes qui constituent un nom propre. La vision du temps est également différente : Contrairements aux Eres chrétiennes ou musulmanes qui partent d’une seule origine pour compter les années, les Eres dynastiques chinoises repartent à zéro à chaque dysnatie. Comme des cycles qui recommencent à chaque fois. Au temps de Louis XIV, il y avait autant de fonctionnaires en France que pour toute la Chine. Comment dans ces conditions avoir pu garder la cohésion ? Par un vision inverse des choses : l’état ne fixe pas tout le fonctionnement du pays mais intervient uniquement là où il y a un problème. L’approche est la même que pour le médecin qui a pour rôle en Chine non pas de soigner mais de faire en sorte qu’on ne soit pas malade (il est payé d’ailleurs uniquement lorsqu’on va bien). En Chine, il n’y a pas de loi (associées au « désir » – a la projection vers le futur – selon Lacan) mais des règles qui font que l’ensemble va dans le bon sens (On commence à retrouver ces notions en occident avec l’émergence de l’idée de « gouvernance » par rapport à la simple réglementation : voir «  » Tome 2, sixième partie : de la régulation à la gouvernance)


    Quelques exemples d’approches différente par les éléments en dehors de la Chine

    Un petit jeu très orienté « signification » sur la langue anglaise (mais utilisant la prononciation plutôt que les caractères comme dans le chinois): Commence se prononce le mot « Ghoti » ? réponse : « fish » car « gh » se prononce « f » comme dans « enough », « o » se prononce « i » comme dans « women » et « ti » se prononce « sh » comme dans « station » (cette petite blague qui m’a été racontée par un neerlandais n’a pas du tout été appréciée par un américain a qui je l’avais présentée…) Un autre exemple est donné par Juan Salvador, un membre de la télévisions associative Teletambores à Mracay au Vénézuela qui, après avoir été formé quelques instant au Wiki, l’a utilisé de façon très différente que pour la mise en ligne d’un discours (contrairement à moi sur cette page 😉 http://www.nib-jiq.org/wakka.php?wiki=JuanSalvador A voir dans le même style, ce que Paola Gomez une artiste de MAVI à Kali en Colombie a fait sur sa page après avoir également formée rapidement au Wiki http://www.nib-jiq.org/wakka.php?wiki=PaolaGomez (le formateur, Frédéric Poitiers s’est également pris au jeu en répondant sur sa page…)

  • La pensée post-moderne

    Il y a eu des post-modernes à toute époque même si c’est généralement après la modernité

    Post moderne consiste à désigner et à repérer quelque chose qui se passe après la modernité mais parfois également avant ou pendant (par exemple Diderot avec le « neveu de Rameau » ou « Jacques le fataliste » sont a ses yeux post modernes). Les post-modernes sont post-romantiques mais on pourrait trouver aussi des post modernes chez les grecs)

    Légitimer par la narration : humanisme émancipateur français et idéalisme allemand

    Les hommes ont cherché à résoudre le problème de la légitimation :« qu’est-ce qui permet de dire qu’une action est juste ou qu’un exposé est vrai ») La solution a été trouvée à la fin du XVIIIème siècle en France et en Allemagne dans des édifices théoriques ou idéologiques :

    • Le récit de l’humanisme émancipateur chez les français (par exemple Condorcet)
    • Le récit de l’idéalisme allemands (par exemple avec Ficht, Schleiermacher, Hegel).
      • L’idéalisme doit donner leur légitimité à l’étude par l’université des savoirs positifs.
      • Les allemands pensaient que la philosophie était la faculté qui servait à sauver les autres savoirs de la simple positivité, c’est à dire de la stupidité.
      • C’est dans cette faculté que les autres savoirs venaient au savoir d’eux même, savoir sur le savoir c’est à dire la spéculation.

    Il n’y a qu’avec Marx que les deux courants sont réunis mais dans les deux cas la légitimation nécessite un parcours temporel (le temps est fondamental par exemple dans Hegel). La légitimation s’est faite donc à travers quelque chose qui ressemble à un « grand récit ». Le romantisme est une version possible où ce différé perpétuel du savoir et de l’expérience est perçu comme quelque chose de connoté comme une perte (absence de Dieu par exemple) et donc perçu comme une forme de nostalgie ou de détresse.

    La fin des récits et le post-modernisme

    Mais il y a une puissance propre de la narration. Elle ne peut s’interpréter que dans le rapport entre le narrateur, le narrataire (le personnage dans une narration à qui on raconte le récit, l’équivalent du narrateur), et le récit. On a donc bien d’autres choses que le signifié (Voir aussi le discours chez ) Pour Jean-François Lyotard : Ces récits ne sont plus crédibles. L’idée que « L’histoire du savoir est l’accession de l’esprit à lui même » a fait faillite avec les deux guerres mondiales et par la suite, avec la subordination de la science à des fins de pragmatiques de performance (quelle quantité d’énergie dépensés par rapport à l’énergie utile produite). On ne peut plus croire au récit idéaliste allemand

    « Ce qui s’use ce n’est pas tellement le récit mais la faculté de légitimer qui avait été assignée à ces récits »

    D’un certain point de vue, le post moderne serait la satire, c’est à dire la saturation de tous les genres.

    Quelle place pour la philosophie si elle n’est plus là pour légitimer ?

    Le philosophe a utilisé malgré tout le récit mais de façon mineure. A partir de la tradition française et de la tradition post kantienne, le récit n’est plus là.

    « La philosophie est en train d’être totalement déplacée par cette opération. Elle ne peut plus apparaître comme l’endroit où l’esprit vient à lui même dans la connaissance de ses activités soit pratique soit de savoir. » … comme le lieu de la légitimation (même si Hegel considère que ce terme est à mépriser)

    « La philosophie en tant que telle ne peut pas continuer, ou alors on va lui faire jouer un rôle abominable, c’est à dire le rôle que tel ou tel philosophe allemand pas plus idiot qu’un autre a essayé de jouer pour donner au nazisme le fondement qui lui manquait c’est à dire un fabriquant des mythes ou du fascisme ».

  • Carl Gustav Jung

    Notes à partir du livre « Dialectique du Moi et de l’inconscient », Folio essai, 1964 – de C. G. Jung, Die Beziehungen Zwischen dem Ich und dem unbewussten, Ed Rascher, Zurich 1933 Notes du 27 juillet 2002

    Le Soi et le Moi

    Le Soi est un ensemble complexe de la personnalité qui englobe le conscient et l’inconscient individuel. Il se construit comme une compensation des conflits qui mettent aux prises le monde extérieur (la place de l’individu dans la société) et le monde intérieur (l’inconscient collectif qui est un ensemble de matériaux vivants et agissants impersonnels et collectifs comme des catégories héritées, des archétypes ou des mèmes).Mais le Soi reste inconnaissable car l’inconscient est un ensemble indissociables de contenus individuels et collectifs. On ne peut donc pas déterminer si chacun des éléments de l’inconscient appartient ou non au Soi (par exemple, une image collective dans un rêve est souvent le signe d’un problème qui n’est pas seulement personnel avec quelqu’un mais d’un problème personnel plus général ou d’un problème impersonnel).Le Moi est un complexe qui n’englobe que le conscient. Il doit pour sa part résoudre les conflits entre le monde extérieur et l’inconscient pris cette fois dans sa globalité (aussi bien individuel que collectif). Le Soi ne s’oppose pas au Moi mais il l’englobe. Le Moi n’y est pas non plus soumis mais « tourne autour » comme une planète autour de son soleil. Le Moi est la partie connue d’un sujet inconnu : le SoiLe Moi n’est qu’un des complexes autonomes parmi tous les autres. Chaque fois qu’un ensemble complexe est inconscient, il acquiert la possibilité d’agir de façon autonome par exemple sous forme de projection.« Nous procédons toujours de l’idée simpliste que nous sommes le seul maître dans notre maison »Par exemple l’inconscient construit une compensation du conscient mais il est aussi capable de création et de spontanéité. Il peut même prendre la direction des opérations de façon autonome. Non pas en fonction d’un plan général comme le conscient mais malgré tout avec un sens, un but. Le sens général de l’action de l’inconscient est la réalisation de soi-même par différentes étapes équivalente à celles des initiations.

    les frontières du Moi : persona, anima et animus

    La Persona est un ensemble de relations entre la conscience individuelle et la société. C’est le masque qui délimite et isole l’individu. C’est aussi un fragment de la psyché collective : l’image poussée par la société. Mais la société ne pousse à avoir qu’une seule image par individu sinon elle le perçoit comme dilettante, imprévisible ou comme un esprit libre. La persona ne représente donc qu’une partie de l’individu qui est de plus déformée. Pourtant, l’individu a tendance a s’identifier a sa persona lorsque par exemple, il s’identifie avec un poste ou une fonction. Ainsi fondu dans la société, l’individu est en quelque sorte libéré de sa responsabilité individuelle. Un titre est bien souvent un masque pour dissimuler ses propres insuffisances.L’anima (pour l’homme) et l’animus (pour la femme) sont des ensembles de relations entre la conscience individuelle et l’inconscient. Ils se trouvent à la frontière entre le conscient et l’inconscient. Le but de l’anima et de l’animus est de rendre possible la relation entre le Moi et l’inconscient. La Psyché dispose de quatre fonctions opposées deux à deux : la pensée et le sentiment, la sensation et l’intuition. Pour permettre au Moi de dialoguer avec son inconscient, il faut profiter des moments d’émotion.L’anima (ou l’animus) fonctionne en créant des contenus inverse de ceux du conscient pour compenser le déséquilibre entre ce que croit être le Moi et notre vraie personnalité (le Soi) :

    • L’anima est la source de féminité de l’âme masculine. Il représente la mère, la femme ou l’image collective de la femme. L’homme privilégiant les rapports objectifs, l’anima est donc au contraire une source d’humeur et de caprices inconscients.
    • L’animus est la source de la masculinité de l’âme féminine. Il représente une assemblée de pères. La femme privilégiant les rapports personnels, l’animus est au contraire une source d’opinions inconscients, d’a priori. La femme dispose ainsi d’un arsenal inépuisable d’opinions toutes faites où elle trouvera celle qui semble convenir à la situation donnée. La femme soumise à son animus dira « j’ai toujours raison ».

    Première libération : prendre conscience de l’action de l’anima

    Le Moi est le plus souvent inconscient de l’anima (ou de l’animus) et de son action dans notre vie. L’anima est dans ce cas un complexe autonome qui est projeté vers l’extérieur comme tout ce qui est inconscient. Alors qu’il ne devrait pas être mêlé aux relations entre le Moi et le monde extérieur, l’anima usurpe le caractère d’une personnalité au lieu d’être une simple passerelle vers l’inconscient. En particulier, lorsque le Moi s’identifie à la persona alors l’anima (ou l’animus) compense de façon inconsciente et autonome l’image de la persona et va projeter une personnalité inverse par exemple dans la vie privée sans que le Moi en ait conscience. Le Moi est alors sous l’emprise de l’anima. Si la folie signifie que l’on est assailli par les contenus inconscients, le génie consiste au contraire à maîtriser ces contenus pour être conscient de leurs actions et les amener au niveau de l’abstraction.Prendre conscience de l’action de l’anima permet de réduire son action. L’énergie psychique, la Mana, au lieu d’être principalement concentrée sur l’anima pour compenser les déséquilibre du Moi peut alors servir à autre chose. Cette énergie psychique est plus large que la libido sexuelle de Freud ou la volonté de puissance d’Adler.

    Deuxième libération : prendre conscience de la différence entre le Moi et les contenus ionconscients

    Après que le Moi ait pris conscience des contenus inconscients de l’anima et de leurs action sous la forme d’une personnalité, il existe un nouveau risque :Si l’anima (ou l’animus) est perçu comme appartenant au Moi, alors le Moi va s’approprier une partie de l’inconscient collectif (car on ne peut distinguer les contenus personnels des contenus collectifs dans l’inconscient). Cela représente des qualités et des contenus en dehors de ses propres frontières et mêmes en dehors du Soi. Le Moi subit alors une « inflation psychique ». Il ressent une « ressemblance avec Dieu ». Devant l’ampleur du champ qui s’ouvre au Moi, il croit dominer la Mana. Cela peut se traduire par deux attitudes inverses : une confiance optimiste qui masque en fait un désarroi ou au contraire une résignation morose qui masque en réalité une volonté de domination. Mais il est impossible de réconcilier dans une seule personnalité les contenus contraires du Moi et de l’anima et il intervient alors une dissolution de la personnalité en ses couples contraires.L’inflation psychique peut aussi mener à une identification à la psyché collective au détriment du de la personnalité individuelle. Cela mène à la folie des grandeurs, à l’inspiration prophétique (ou plus pratique : en adepte d’un prophète pour ne pas en assumer la responsabilité), à une vocation réformatrice ou bien à une aspiration au martyr. Les contenus collectifs auxquels le Moi s’identifie, influent dans sa vie personnelle et dans sa vie sociale et conduisent à une dépersonnalisation au profit d’une importance imaginée. Une solution consiste à reconstruire une persona moindre. Cette « reconstitution régressive de la persona » permet un retour à la vrai dimension de la personnalité, mais ce moyen commode utilisé par des analystes lorsqu’il y a inflation psychique peut conduire à une autre forme de dépersonnalisation. Dans certains cas (rares) il y a une prise de conscience de l’action des contenus inconscients. C’est la fonction transcendante. On peut laisser sortir les fantasmes inconscients ce qui transforme le complexe autonome de l’anima. Si le Moi ne cherche plus la prééminence, il ne provoque plus en retour une prééminence de l’inconscient. Dans ce cas, l’énergie psychique, la Mana, se trouve à un nouveau point d’équilibre a mi-chemin entre les tendances contraires. Au lieu d’alimenter la puissance de l’anima, elle peut émerger pour conduire à l’étape suivante de la vie de l’être. Ce processus de l’individuation permet de se réaliser soi-même, de réaliser son Soi, pour être une pierre dans l’édifice social. Il ne s’agit pas d’une « individualisation » égoïste, mais de s’insérer en temps que personnalité entre les contenus de l’inconscients collectifs et la société. C’est la deuxième libération par la prise de conscience des contenus de la personnalité Mana qui se trouve alors au centre de la personnalité : le Soi inconnaissable (libération du père pour l’homme et de la mère pour la femme). Les contenus autonomes qui existent au delà du Moi représentent « le Dieu en nous ».le Soi et le Moi

  • Jacques Lacan

    A partir de la conférence donnée à Milan le 12 mai 1972 : « du discours psychanalytique« 

    note: vouloir présenter le « sens du discours de lacan » semble un « contre-sens » car celui-ci est basé sur la primauté du signifiant sur le signifié. Nous nous y essayons malgré tout puisque lui même a choisi de faire un discours après avoir démontré dans une conférence précédante que « tout discours ne peut être qu’un semblant ». Le principal est de voir si dans le signifié comme dans le signifiant ainsi produit nous pouvons en tirer des éléments utiles à croiser avec d’autres centres d’intérêts présentés sur ce site 😉 (voir aussi sur les rapports entre l’approche de Lacan, le confucianisme et l’écriture chinoise)

    Sommaire :

    • Le jeu des signifiants
      • Quelques définitions (en linguistique)
      • Le signifiant est premier par rapport au signifié
    • La langue
      • Le jeu des signifiants est lié à la langue
      • La parole est une jouissance
      • L’inconscient est structuré comme un language
    • Le discours
      • La subjectivité de la science : créer un discours qui se tient
      • Les 4 types de discours
    • L’imaginaire, le symbolique et le réel : le noeud Borroméen

    Le jeu des signifiants

    Quelques définitions (en linguistique) tirées du petit Robert
    • Sens : idée ou ensemble d’idées intelligible que représente un signe ou un ensemble de signes
    • Signe : unité linguistique formée d’une partie sensible ou signifiant (sons, lettres) et d’une partie abstraite ou signifié. le morphème (forme minimum douée de sens), le mot sont des signes
    • Signifié : (1910) contenu du signe
    • Signifiant : (1910) manifestation matérielle du signe ; suite de phonème ou de lettres, de caractères, qui constitue le support d’un sens (opposé et lié au signifié)
    • Signification : rapport réciproque qui unit le signifiant et le signifié

    Trois thèses sur la signifiance sont envisageables : la première (platonicienne) fait du signifiant l’expression temporelle et mondaine d’un signifié éternel, la seconde (heideggerienne) donne au signifiant le pouvoir de créer le signifié en ouvrant un monde, enfin la troisième (lacanienne) admet l’existence d’un « signifiant pur », sans signifié, grâce auquel on peut établir l’inconscient (Définition de Lacan sous forme de boutade : « Signifiant signifie lacanisation ! »)

    Le signifiant est premier par rapport au signifié
    • « Le signifié« , c’est à dire le contenu représentant un sens, est crée par le conscient : « le sens c’est ce qui s’avoue ». Mais « ce n’est pas essentiel que cela ait un sens », le signifié n’est pas premier. Il faut au contraire se centrer sur le « dérapage du signifiant » (ou le « glissement du signifiant« )
    • Le discours, (expression verbale de la pensée suivant le petit Robert), ne peut qu’être un semblant, car il se veut basé sur le sens (voir « d’un discours qui ne serait pas du semblant« ). Le problème n’est pas que l’on fasse semblant mais qu’on finisse par y croire (en particulier les psychanalistes…).

    La langue

    Le jeu des signifiants est lié à la langue
    • La langue est spécifique à chacun (Il ne faut pas confondre la langue avec le langage qui en est une généralisation à l’homme).
    • Le « dérapage du signifiant » intervient par exemple lorsque l’on parle de sexualité, c’est ce qui a permis à Freud de découvrir l’inconscient : là où parler de la « sexualité » devrait avoir du sens, on s’empêtre dans des effets de langage (contrairement à ce que semblent vivre les animaux).
      note : Lacan s’interroge sur la raison de se « trou » que nous cherchons à combler avec des dérapages de langage. peut être est ce du chez l’homme à la situation de rut permanent, en d’autres termes à la perte l’oestrus. La société apporte également des « interdits » frustrants. Comme le dit Lacan « plût au ciel que les hommes fassent l’amour comme les animaux, çà serait agréable ».
    La parole est une jouissance
    • Ce que Freud a découvert c’est que la parole ne sert pas à quelque chose mais qu’elle implique une jouissance : il n’y a pas de discours qu’on ne peut interpréter en fonction de la jouissance (idem pour Marx qui part de la valeur d’échange. Mais il fait apparaitre la valeur d’usage qui est ce dont on jouie, alors que la valeur d’échange est un moyen)
    • Les pulsions partielles (dérives de la jouissance : manger, chier, voir ou parler) sont pris comme un substitut à la jouissance sexuelle. C’est comme cela qu’est introduite la référence au rapport sexuel. Mais il est rare que la jouissance sexuelle établisse un rapport. Il n’y a pas de rapport sexuel, juste un acte. La jouissance sexuelle est en quelque sorte détachée du rapport sexuel.
    • Pour l’être parlant, tout est dévié. Ce qui se dérobe à lui c’est ce rapport sexuel.
    L’inconscient est structuré comme un langage
    • La langue est une autre forme d’accès au réel que l’image. Si on l’oublie, il est difficile de penser l’inconscient qui est fait de pensées.
      note : le rapport « signifiant » / « signifié » et le glissement du signifiant qui peut prendre plusieurs signification semble un concept proche de celui de « monde réel » / « « . De ce point de vue, il est intéressant de voir que pour Lacan, le signifié n’est pas premier. De même, le réel n’est peut être pas premier ?
    • L’inconscient est structuré comme un langage. A partir du moment où on s’aperçoit que çà « parle » tout seul, qu’il n’est pas nécessaire d’être acteur, çà change tout. Mais « l’inconscient ne connait pas le principe de contradiction » (Freud), ce qui ne veut pas dire qu’il ne relève pas de la logique.
    • C’est donc la personne en demande dans l’analyse (ou son inconscient) qui est l’élément actif : Lacan l’a nommé « l’analysant« . L’analyste le laisse parler et « se fait consommer ». Ce qui est refoulé est de l’ordre du signifiant. Mais Freud explique que l’affect (l’émotion) n’est au contraire pas refoulée.
    • Cà se voit mieux dans les rêves où la parole fonctionne toute seule : le rêve est fait comme une phrase de demande, d’un Wunsch (voeux, désir. Ce mot en lui même est difficile à traduire en français, le wunsch est un évènement ponctuel, un « acte », (une sorte d’unité « motrice » minimale de la psyché) qui n’est pas de tout repos car il fait travailler l’inconscient. cf Kornobis)
    • En disant certaines choses (le rêve, les actes manqués, le mot d’esprit…) on en dit plus qu’on ne sait. L’interprétation des rêves, de la « psychopathologie de la vie quotidienne » ou des mots d’esprits permet de faire apparaitre le signifiant : « Il suffit d’analyser un rêve pour voir qu’il ne s’agit que de signifiant », mais « il n’y a pas de signifiant dont la signification serait assurée : elle peut toujours être autre chose ». Il a donc plusieurs rapports entre le signifiant et le signifié (plusieurs significations). Freud a montré qu’il y a un autre savoir que l’on peut faire apparaitre en faisant parler les gens ; et ce qu’il y a d’étrange c’est que çà a beaucoup de rapport avec l’amour. Pourtant Freud n’a jamais parlé du rapport entre l’amour et le savoir qu’est l’inconscient.

    Le discours

    La subjectivité de la science : créer un discours qui se tient
    • Pour Aristote, la théorie est la façon de contempler le monde. Le monde contemplable est supposé être univers et on peut peut-être arriver à s’y égaler en le contemplant.
    • Pourtant, la science n’est pas aussi « objective » que l’a décrite plus tard Descarte. La démarche scientifique, consiste à établir des formules mathématiques signifiantes pure , mais se refuser à ce que ce soit pour signifier. « Moins elles signifient quelque chose, plus nous pouvons les ranger dans le point de vue scientifique ». Les lois sont là pour aboutir à un certain point. En cela la science est finaliste. « L’idée même de la conservation d’énergie est une idée finaliste, celle aussi de l’entropie puisque justement ce qu’elle montre, c’est vers quel frein çà va, et çà va nécessairement ». « Si on dit aujourd’hui qu’il n’y a pas de finalisme c’est parce que la science a changée ».
    • « Descartes à fait décoller le sens qui est donné couramment au subjectif et à l’objectif : le subjectif est quelques chose que nous rencontrons dans le réel. Non pas que le subjectif soit donné pour « réel » au sens où nous l’entendons habituellement, c’est à dire qui implique l’objectivité : la confusion est sans cesse faite dans les écrits analytiques. » Que le subjectif apparaisse dans le réel signifie qu’un sujet est capable « de se servir du jeu des signifiants non pas pour signifier quelque chose, mais précisémment pour nous tromper sur ce qu’il y a à signifier ».
      note : dans la science, l’observateur ne peut pas être en dehors du monde qu’il observe contrairement à ce que voudrait une science « objective ». Il introduit donc des éléments non objectifs en fonction de sa culture, de ses croyances, etc.
    • La science est une pratique du discours qui se tienne. Lacan a cherché une compréhension du discours, ou plutôt des discours.
    Les 4 types de discours

    Le discours est ce qui fait fonction de lien social (dans ce qui peut se produire par l’existence du langage). les différents types de discours peuvent se décrire à partir de 4 éléments. Il faut au moins deux signifiants : le signifiant maître représente un sujet pour l’autre signifiant. mais il y a toute une part des effets du signifiant qui échappe totalement à ce que nous appelons couramment le sujet.

    • S1, le signifiant maître qui commande à S2.
    • S2, le signifiant qui vient après dans le discours. C’est le savoir
    • l’objet a, le vrai support de ce que nous voyons fonctionner pour spécifier chacun dans son désir (le « catalogue des pulsions »). C’est le « plus-de-jouir », la cause du désir (a est l’initiale de autre). La cause du désir est toujours un peu à coté de ce que l’on croit viser. Quelqu’un qui nait entre dans la réalité à titre de « a » : le désir de ses parents.
    • $, le sujet capable de se « servir du jeu des signifiants non pas pour signifier quelque chose mais pour nous tromper sur ce qu’il y a à signifier »

    Il y a fondamentalement 4 discours (du Maître, de l’Université, de l’Hystérique et de l’Analyste). Le discours s’articule autour d’une « mise au travail » de l’ »agent » (c’est ce que l’on croit faire). Mais il y a une « impuissance » qui sépare le produit du discours de la vérité (ce qui est insu).

    Les 4 discours

    note : (ce schéma repris ailleurs que dans la retranscription me semble plus accessible)

    Quelques remarques :

    • Le discours capitaliste est le substitut du discours du maître : Il y a juste une inversion entre le signifiant maître S1 et le sujet $. « C’est follement astucieux ». Il a été inventé par Marx. Tout ce dont il s’agit dans le discours c’est uniquement la plus-value. La plus-value c’est la forme scientifique du « plus-de-jouir ». L’exploitation du désir est la grande invention du discours capitaliste. « On ne pouvait rien faire de mieux pour que les gens se tiennent un peu tranquilles, et d’ailleurs on a obtenu le résultat. C’est beaucoup plus fort qu’on ne le croit. Heureusement qu’il y a la bêtise qui va peut-être tout foutre en l’air ».
    • Freud fait la distinction entre : la source (Quelle), la poussée (Drang), le but (Ziel) et l’objet (Objekt) (le contour n’est nul part perceptible mais seulement constructible logiquement, c’est une topologie )
    • Lacan ne fait pas une théorie. Il n’a pas une nouvelle conception de l’homme car il ne fait pas un discours du maître, de l’universitaire ou de l’hystérique : il fait un discours psychanalytique.

    L’imaginaire, le symbolique et le réel : le noeud borroméen

    • « Le réel, par la science, s’est mis à foisonner. Le réel est devenu une présence qu’il n’y avait pas avant, à cause du fait qu’on s’est mis à fabriquer un tas d’appareils qui nous dominent ». le réel nous écrase. « Les taoistes ont interdit même l’usage de la cuillère, ils l’ont interdit au nom de la vie ».
      • « Toute l’évolution philosophique, pour qu’elle ait pu aboutir à cette extravagante opposition du et de l’idéalisme, montre bien que le réel n’est pas facile à trouver ». On cherche « un certain réel, et pas n’importe lequel : un réel qui est mesurable, qui est quantifiable dont le ressort est en fin de compte le nombre » (voir aussi la spécificité du nombre 2 dans « « .
    • Sans la référence à l’imaginaire, il y un tas de choses qui ne fonctionneraient pas dans le réel. L’imaginaire fonctionne dans le réel (voir par exemple l’impact des mondes virtuels dans le monde réel : rencontres, etc.)
    • La distinction entre l’imaginaire et le symbolique (lalangue et non le symbole) est très important dans la fonction analytique.
    • La pratique analytique repose sur la distinction entre :
      • La langue que l’on parle (le symbolique)
      • le réel dont nous sommes encombrés
      • Le fait que l’homme imagine. c’est cela qui supporte sa vie
    • Le réel, l’imaginaire et le symbolique sont liés : l’un des trois lie les deux autres comme dans le noeud Borroméen.

    Noeud Borroméen

  • Philosophie Politique

    Merci à Richard Delmas pour ses conseils et ses références. Cette page est encore très embryonnaire et comporte des approximations et même probablement des inexactitudes. tous commentaires sont les bienvenus…


    «philosophie politique» : une vision globale de l’Histoire et de la Culture, assurant au philosophe un accès privilégié à l’ordre des choses et des événements. Voir l’article Wikipedia

    Le contrat social

    Au XVIIème et XVIIIème siècle : les théories du contrat social de John Locke, Jean-Jacques Rousseau et Emmanuel Kant.

    • L’approchge anglosaxone de Richard Rorty et John Rawls voir son oeuvre majeure dans la continuation de la perspective « contractualiste » : « théorie de la justice » 1971) propose une éthique des valeurs (justice…)
    • Paul Ricoeur : le rapport à l’autre

    dans l’école du droit naturel, les droits de l’homme viennent du fait que l’être est un humain, indépendamment de sa position sociale, de son ethnie…

    L’idéalisme

    L’idealisme est une doctrine opposé au réalisme qui considère une réalité indépendante de tout observateur, objective et absolue :

    • l’idéalisme place les idées au dessus de la réalité matérielle. Les idées forment un monde intelligible, absolument réel et non réductible à la pensée (voir MeMetique). L’idéalisme affirme également que la pensée est la seule réalité immédiate, voire l’unique réalité
    • Platon sépare le monde en monde visible et monde intelligible) : « Le genre visible se divise en vrai et en faux, et l’image est au modèle comme l’objet de l’opinion est à l’objet de la connaissance » Platon, La République, Livre V
    • A l’époque moderne, l’idéalisme se développe avec Descartes, Leibniz, Berkeley, Kant (distinction entre Phénomène – l’expérience que nous pouvons attendre – et Noumène – la chose en soi) et Hegel (seul l’Esprit, le concept, l’être pur absolu existe). Voir la fin de l’idéalisme allemand dans la pensée PostModerne.

    (voir aussi les différents realismes in jean-Paul Baquiast, « Les philosophes et les nouveaux visages de la physique – Deuxième partie. La mécanique quantique. La conscience est-elle un objet? » L’idéalisme se rapproche du Nominalisme pour lequel il n’existe aucune universalité aux concepts mentaux en dehors de l’esprit qui les observe. La phénoménologie trancendantale, fondée par Edmund Husserl est la science des phénomènes. La réduction phénoménologique consiste à ne pas croire naïvement à ce que nous offre le monde. Le monde dépasse la simple conscience que j’en ai. Il faut « suspendre » notre croyanc en un monde objectif. La phénoménolgie influence en particulier l’oeuvre de Heidegger.

    Exemple : En moto, on ne regarde pas le guidon mais l’horizon. Pour tourner on imagine le virage (mondes imaginaires), puis on regarde de coté pour savoir si on peut tourner (le virage fait il parti d’un des mondes possibles ?) puis on tourne (monde réel)

    Constructivisme

    Les personnes vont se « construire » par rapport à un corpus de lois qui a été réalisé par le legislateur (Hegel, Kant).

    • Une régulation d’état permet de prévoir puis de mettre en place
    • Pour les constructivistes, en cas de problème on « créé un comité »

    L’école de Francfort

    Il s’agit d’une école Post-marxiste. Au positivisme, l’Ecole de Francfort oppose la « dialectique négative », c’est à dire la prise de conscience du monde comme négation du sujet historique et ce moment critique de l’esprit qui tend, par l’utopie ou par la révolte sociale,à nier cette négation pour dépasser toute aliénation.

    Ecole de Louvain-La-Neuve

    Issu de l’université catholique de Louvain-la-Neuve, ce courant propose un modèle procédural de médiation. Il a été développé au centre de Philosophie du droit de l’UCL.

    Les philosophes PostModerne

    • Gilles Deleuze (interwiki) : des sociétés disciplinaires (dont l’objet est de <<concentrer; répartir dans l’espace; ordonner dans le temps ; composer dans l’espace-temps une force productive dont l’effet doit être supérieur à la somme des forces élémentaires.>> du XVIIIème siècle au milieu du XXème siècle) à la société de contrôle (<<nom que Burroughs propose pour désigner le nouveau monstre, et que Foucault reconnaît comme notre proche avenir.>>)
    • Jacques Derida : la méthode de la déconstruction – la signification d’un texte donné (essai, roman, article de journal) est le résultat de la différence entre les mots employés, plutôt que de la référence aux choses qu’ils représentent. En d’autres termes, les différentes significations d’un texte peuvent être découvertes en décomposant la structure du langage dans lequel il est rédigé.
    • Jean-Etienne Lyotard (voir aussi sa présentation de la pensée PostModerne )
    • Baudrillard

    Ils ont une filiation Nietchéenne. Le modèle technique du XVIIème siècle a transformé la société. Il « arraisonne » le social (on ne peut pas l’arrêter). Le mode de production et de consommation est un ogre. Guy Debord (chef de file des situationistes) : la situation est renforcée par la société du spectacle (le virtuel). Nous avons perdu le sens de la réalité.